Nous... les Mecs, on est comme ça :

On vit un enfer. Et oui, j'ai vécu l'enfer. Mais je suis pas là pour ça. Pas pour te raconter mon enfer. Non. Si ? tu veux ? Vraiment ? (Mets à toi à genoux lecteur infâme et supplie moi de te raconter ! Que les démons s'emparent de ton corps si tu ne le veux pas vraiment ! Que Belzébuth butte si tu mens ! Que l'orage approche et que l'éclair te foudroie. Prends tes mains en croix et fais un demi-tour sur toi-même. Boubourse que tu es !) Bon d'accord ! Demandé avec tant de gentillesse, je vais te raconter mon enfer. Mais rapide hein. Le sujet du billet n'est pas là. Bon. Mon enfer.

Mon enfer = j'étais dans le Lille-Lyon, quelques semaines plus tôt (j'entends par "plus tôt" : "plus tôt qu'aujourd'hui", hein ? bon !), donc le fameux Lille-Lyon qui s'est pris 5 heures de retard dans l'espace-temps-sncf. Finalement, sur le nombre d'heures de retard, cumulées sur 1 an, 5 heures, c'est pas grand chose (dans l'espace-temps-scnf je souligne). Mais pour le mec lambda, c'est long, 5 heures.

Et pour ma part, je suis assez fier de ma zénitude bien exceptionnelle dans une telle situation. Ni mal, ni peur, ni énervé. Et ce malgré : plus de batterie sur le téléphone, plus de batterie sur l'ordimini, pas de bouquin, pas de revue, rien, de rien. Que moi + mon esprit = ça fait pas lourd pour s'occuper 5h.

Par contre, je me suis délecté des mouvements de panique, des crises de nerfs, de phobies, d'angoisses des charmants passagers des environs. Je vais vous narrer. Je les numérote hein. Parce que, faut pas supposer que : d'avoir vécu 5h ensemble, ça m'a permis de sympathiser hein. Non. Hein. Donc :

- la douce voie dans les hauts parleurs du tgv : "Mesdames et messieurs, nous vous informons que suite à un incident sur le TGV qui nous précéde, notre TGV accuse un retard estimé à 5h. Nous vous prions de nous excuser pour la gène occasionnée."

- Passagère n°1 : "Haaaannn, ben moi je suis sûre que c'est une excuse. Je pense que c'est une grève. Il nous cache tout à la SMCF (notez le M... société matrimoniale des chemins de fers français ????). Ils nous mentent. C'est une grève. Hein chéri c'est une grève ?"

- Passager n°2 le susdit chéri : "Grmpfff...mouerfff" ... avalant à pleine bouche les 4 derniers mini-paquets de chips de la voiture-bar, qu'il a sûrement obtenus grâce à un combat acharné avec les 540 autres passagers affamés.

- Passager n°3, dit le Belge-fils : "Rendez-vous compte : on vient de Belgique, pour se rendre à Marseille. On a rendez-vous dans 3 heures à Marseille pour récupérer un superbe fourgon tôlé (aaahhh, les Belges ... l'amour de la mécanique). On sera jamais à l'heure, une fois."

- Passager n°4, dit le Belge-père : "T'façon, mon fils, en ce moment, il a la meringue en défaillance (comprendre "la chance qui tourne pas rond"). Sa femme l'a quitté il y a 2 mois, il a eu un accident de voiture le mois dernier, et sa maison a brûlé ent-iè-re-ment avant hier (me demande même s'il n'avait pas une gastro ...ça sentait pas toujours le patchouli aux abords du grand blond). Plus une chaussette. Plus un cadre. Rien. Tout a brûlé. Et le fourgon, c'était pour transporter les matériaux de la future maison"...... mazette, mais c'est ce boubourse de Belge qui nous foutrait la guigne à tous alors ???

- Passager n°5, dit le militaire : ... lui il n'a rien dit .... il est passé...., crâne pseudo-rasé, avec tout son bordel sur le dos. Va savoir pourquoi. Où allait-il ? Pfff... à la voiture bar ? Avec la tente ? Non. Et comme pour impressionner la populasse, il avait décidé de tenir son énooorme sac à bout de bras, au-dessus de nos têtes, arpentant le couloir ainsi. Certes il avait le biceps bien tendu, mais le visage rouge vermillon. Et surtout... surtout... Il n'a pas résisté... devant poser le sac trop lourd à mi-chemin.

Un doux enfer, rythmé, tout de même, par une espèce de putain de sa race de sa mère la bitch de console vidéo, d'un espèce de sale ado, qui n'a pas jugé bon de baisser le son, malgré les revendications intempestives de sa mère.

Un doux enfer qui s'est tellement bien fini en mangeant un délicieux sandwich club dégueulasse à la mayonnaise vitrifiée... mais offert par la SMCF !

Un doux enfer qui, je l'espère, me sera prompto remboursé, au prix de ce que vaut la perte d'un individu de ma race, dans l'espace-temps-sncf. Autant dire : pas grand chose, je suppose.

Et comme je tenais à te faire part de l'ambiance, à toi, lecteur chéri, j'ai pris un cliché qui j'en suis sûr, te convaincra de la tristesse de mon enfer.

sY... qui se dit que : "merde : emprunté de ma verve toute émotive, j'ai pas pu ré-orienté vers le sujet cible. Je reviendrai. Yes I'll be back. On the rocks. Always."

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