Nous... les Mecs, on est comme ça :

On vit des drames. We are living on the dram-grass. If there is a crazy world of a drama, the men know it ! On your mind. In the drama. Yeahhh. Wazabi and the Wailers. Ticket to ride. In the faith of your face. Constate un peu, lecteur, que, depuis le temps, j'ai rien perdu de mon anglais ! Et que même si on vit des drames, Nous les Mecs, on s'en relève plus dur ... mou ... fort. Et que par moment, l'aide d'un être surpuissant nous serait bien utile. Genre Dieu. Ou son cousin Gaston, du moment où il a quelques pouvoirs en formule, dans le bouquin coincé sous son aisselle !

Et avisé que tu es, tu auras compris lecteur que, si je m'étale si prestement sur les tournants dramatiques de la vie masculine, c'est probablement que j'en fus victime. Moi. Et bien figure toi que ... que ... tu as raison (musique des "chiffres et des lettres" en fond sonore : tadadaaam tatataaam !) Oui, j'ai vécu le drame. Ou plutôt, UN drame. Car je suppose bien que la vie m'en réserve d'autres. Mais celui-là je l'avoue, fut d'une extrême douleur, et m'obligea à prendre toutes les mesures nécessaires pour affronter la souffrance et le chagrin. 

Et comme pour donner le ton à cette torture vécue, et en écho aux plus grands écrivains de tous les siècles, j'ai envie de commencer par la fin de l'histoire. Je vais te faire vivre ce supplice de façon anti-chronologique. De la fin vers le début. A rebrousse poil. Par derrière. Pour que tu sentes bien... combien ce fut douloureux. Car c'est souvent par derrière qu'on sent le mieux. Finalement. Hein ? Bon. Bref. Passons.

Cette nuit là ... Je m'endormais endolori. Le calvaire se terminait à peine. Je sentais encore quelques bribes de douleurs intenses aux tréfonds de mon splendide corps. Je rentrais chez moi vers 2 heures du matin. Je venais d'achever la route qui relie la maison aux urgences de l'hôpital. J'avais traversé quelques villages malfamés, dans la torpeur de la nuit. Le brouillard épais répandait une atmosphère menaçante, que les phares de ma voiture coupaient au couteau. Quelques heures plus tôt, le docteur des urgences faisait pénétrer un objet contendant dans (non pas mes fesses éh oh... pffff) ma gorge, pour aller inspecter le confin de mon anatomie buccale. Je m'étouffais, suffoquais, gémissais, perdais haleine, presqu'-vomissais .... sur le rebord de la vie, je contemplais les êtres humains, me sentant partir vers l'au-delà, rejoindre le Saint-Père et le grand black d'à côté qui sert de vigile.

Quelques heures plus tôt encore, mon corps n'en tenait plus. Non seulement je n'arrivais plus à déglutir, mais aussi à manger, à boire... j'avais même de la peine à produire de la salive... c'est dire ! J'atteignais les 40 degrés. Le mal était bien là. Et me broyait le peu d'énergie qu'il me restait. Plus tôt encore, j'avalais des cachets, nombreux et variés, sans succès. Devant la puissance du supplice, je me levais en pleine nuit, avalait encore quelques pilules sans effet. Dans un demi-sommeil, je me suis surpris à m'enduire le cou de crème hydratante ultra-pénétrante. Sans succès. A me mettre des pansements. Rien.

Et pour ne pas finir ma vie en martyr (car c'est pas trop mon genre de me sauver comme ça), je finis bel et bien aux urgences, où le médecin m'annonça froidement, bien installé dans sa chaise du milieu de la nuit de sa race, que j'étais atteint d'une espèce rare d'angine blanche et de bronchite (sa cousine). C'est quand même fou le manque de tact de ces gens-là. Effondré, je pris mon véhicule et, toujours souffrant, je dus aller à la gendarmerie, puis à la pharmacie de garde pour enfin obtenir les cachets nécessaires au prompt rétablissement.

La vie est parfois dure. Il faut savoir l'accepter. C'est la contrepartie des bonheurs assurés.

sY... qui se dit que, c'est sur, en se relisant : c'est par derrière qu'on sent le mieux. ;-)